Dégustation aux premières gelées

Les températures deviennent hivernales, le vigneron sort ses gants chauds et le vin entre en phase d’hibernation…. En allant souhaiter un bon hivernage à mes cuvées, je n’ai pas pu m’empêcher de les goutter une dernière fois.

L’Herbe Folle est exposée au froid de l’extérieur. L’objectif est de provoquer la précipitation d’acide tartrique du vin, ce qui va légèrement diminuer son acidité. A la dégustation, la robe est « or vert » et trouble. Il y a encore des levures en suspensions. Le premier nez est fermé, signe d’une légère réduction. C’est plutôt bon signe à ce stade, cela va protéger les arômes de l’oxydation pour la suite de l’élevage. Le nez s’ouvre sur des notes de pâte d’amande, miel et poire. L’attaque en bouche est fine, sur une base florale. Puis une fugace apparition de pomme blette m’inquiètes quelque peu. Je la garde en mémoire et si elle est encore présente avant la mise, je filtrerai l’herbe folle pour clarifier sa bouche. La finale est astringente, signe que le vin orange est toujours présent! Cela donne au blanc un caractère indomptable.

Le Grain de Beauté est toujours en vin nature. Je n’ai pas mis de sulfite et la fraîcheur des arômes me le rend bien. La robe est violet rubis et translucide. Le premier nez est minéral, avec des notes de framboise. Ce duo aromatique me fait voyager en montagne. J’imagine une source sortant de la roche entourée de framboisiers sauvages profitant de la fraîcheur. Des arômes lactés se font ensuite sentir. Ils proviennent de la fermentation malo-lactique, tout juste terminée, et vont s’estomper au cours de l’élevage. L’attaque bouche est saline, je dirais même plus qu’elle fait saliver. Les arômes de mûre et violette sont discrets et les tanins soyeux. Je déroule le tapis rouge pour ce nouveau Grain de Beauté.

La corde Sensible est répartie en quatre fûts rachetés à différents vigneron (Beaujolais, Vivarais, Mont Ventoux). Le grand art du vigneron est de trouver l’adéquation entre son tonnelier et son terroir. Histoire d’extraire ce qu’il faut d’arômes boisés pour qu’ils subliment les arômes variétaux et de structurer la bouche tout en gardant la finesse du grain des tanins. A partir de l’année prochaine, j’achèterai un fût neuf d’un tonnelier différent par an, afin d’entamer la longue phase de recherche œnologique!

J’éteins la lumière de la cave et me retire sur la pointe des pieds.

Rédigé par Nicolas Caillaux

3 réflexions au sujet de « Dégustation aux premières gelées »

  1. Merci pour ce beau voyage des sens, tes descriptions donnent toute leur noblesse à tes vins et celle du Grain de Beauté me donne juste envie de pouvoir en profiter moi aussi. A bientôt.

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    1. Une envie d’évasion en cette période de confinement et me voilà sur ce beau site à lire les belles proses de notre q,i Nico. Je salive déjà à l’idée de déguster la prochaine cuvée.

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